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Cyclistes renversés volontairement : deux Gersois sont condamnés à un an de prison

Cyclistes renversés volontairement : deux Gersois sont condamnés à un an de prison

Article de « France Bleue Occitanie » du 31/01/2024

Le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné ce mercredi à un an de prison deux jeunes Gersois d’une vingtaine d’années pour avoir poussé volontairement à plusieurs reprises des cyclistes entre avril et décembre 2023, avec des blessures plus ou moins graves pour les victimes.

C’est le procès de gestes stupides, incompréhensibles : deux jeunes Gersois qui ont poussé dangereusement des cyclistes en 2023. Douze victimes se sont manifestées et toutes racontent le même mode opératoire entre avril et décembre 2023 : une voiture qui les dépasse, un passager qui les pousse et la voiture qui s’échappe.

Les deux jeunes Gersois ont 20 et 22 ans. Ils sont cousins, originaires de l’Isle-Jourdain. La victime la plus lourdement touchée s’est vue prescrire 25 jours d’arrêt de travail pour des fractures de la clavicule et de la mâchoire, une autre a été arrêtée 14 jours, pour un poignet fracturé. D’autres victimes sont pas ou plus légèrement blessées et traumatisées.

Aurélien Bottura roule régulièrement à vélo sur les routes du Gers et de la Haute-Garonne, près de chez ses parents. Il était en vacances chez ses parents quand il a croisé la route des deux mis en cause le 5 avril dernier sur la commune de Vignaux à la frontière entre la Haute-Garonne et le Gers. Il relate le geste aussi bête qu’inattendu.

 

Les cyclistes renversés en Haute-Garonne et dans le Gers l'ont été entre avril et décembre 2023

Les cyclistes renversés en Haute-Garonne et dans le Gers l’ont été entre avril et décembre 2023 © Radio France – Clémence Fulleda

 

« Pendant une semaine, j’ai eu des soins, des pansements »

« J’étais en vacances. J’étais chez mes parents dans le Gers et j’ai effectué une grosse sortie de vélo. D’un coup, j’entends une voiture arriver derrière moi, donc je me décale sur la droite pour la laisser passer. La voiture ralentit à mon niveau et me tape une première fois. Donc je fais des zigzags, mais je ne tombe pas. Sauf que là, la voiture revient à la charge et c’est le passager à l’avant qui me pousse avec ses bras », raconte Aurélien Bottura.

« Donc là, vu la force avec laquelle il m’a poussé, je suis tombé. J’ai essayé de ne pas tomber, mais j’ai un peu volé. Et voilà, je suis tombé sur tout le côté gauche. Sur la partie bitumée, il y avait également des gravillons. Malheureusement, il n’y avait pas de témoin. Je n’ai pas eu le temps de relever la plaque d’immatriculation.

« Pendant une semaine, j’ai eu des soins, des pansements sur toute la partie gauche. Il y avait également les genoux et les coudes qui ont ramassé. Heureusement, j’ai été hospitalisé et je suis sorti le soir même. Je suis allé voir un légiste qui m’a prescrit deux jours d’ITT (incapacité temporaire totale). Et donc après, il y a eu le préjudice physique. Bon, le matériel, ce n’est pas le plus important, mais c’est surtout le moral qui a pris un peu cher. Vraiment. Psychologiquement, ça a été très dur. Je n’ai pas repris le vélo et je n’ai pas, de suite donc, conduit un véhicule. J’avais de grosses appréhensions. »

« C’était pour rire, je tiens à m’excuser auprès des victimes »

À la barre ce mercredi, les deux Gersois de 20 et 22 ans ont reconnu les faits, sans parvenir à expliquer leur geste. « C’était pour rire », ont-ils témoigné l’un après l’autre, sans plus de précisions avant de s’excuser à plusieurs reprises, la tête basse. « Je m’en veux. Ce sont des conneries. Je ne voulais les blesser », précise l’un des deux cousins.

Incarcérés depuis le 22 décembre, les prévenus n’avaient pas de casier judiciaire jusque-là. Au final, le tribunal de Toulouse a suivi les réquisitions de la procureure et les a condamnés à une peine d’un an de prison aménageable à domicile avec un bracelet électronique et un an de prison avec sursis, plus les dommages et intérêts aux victimes.

« Nous ne ferons pas appel« , précise Delphine Reynaud. L’avocate de l’un des deux condamnés est « satisfaite ». « L’essentiel était qu’ils ne soient pas incarcérés. » Satisfaction aussi du côté des parties civiles défendues en partie par maître Brice Zanin. « Même si, bien évidemment, mes clients auraient aimé avoir quelques explications supplémentaires. »